Aller au contenu
Fidèles Compagnons Fidèles Compagnons Le collectif des familles qui partagent vraiment la vie avec leurs animaux.
Jeu concours Un panier douillet pour chien ou chat — coussin, imperméable, vert sapin, 130 × 105 cm — pour 5 gagnants. Et le Journal photo offert à tous les inscrits 5 gagnants · gratuit et sans engagement —jours —heures —min —sec
MODE D'EMPLOI

Proposer son chien pour la médiation animale : les vérifications à faire avant sa première séance

Un chien gentil n’est pas forcément prêt pour la médiation animale. Avant une première séance, son confort compte autant que son envie de contact.

Sous la responsabilité éditoriale de Nabil GhanemRelu par Anil Popat, assistant vétérinaire diplômé

Dans un EHPAD, une femme accroupie tient la laisse d’un chien qui approche la main ouverte d’une résidente assise

Un chien doux à la maison n’est pas automatiquement à l’aise en médiation animale. Recevoir des proches dans son salon, croiser des inconnus en promenade ou apprécier les caresses ne demandent pas la même chose qu’évoluer dans un établissement, auprès de personnes qui peuvent bouger, parler ou toucher d’une manière inhabituelle. La bonne question n’est donc pas seulement : « Mon chien est-il gentil ? », mais : « Ce cadre lui convient-il réellement, et peut-il y rester bien ? »

De quel projet parle-t-on ?

Sur sa page White Paper on Animal-Assisted Interventions, l’IAHAIO décrit les interventions assistées par l’animal comme des interventions structurées, orientées vers un objectif, qui intègrent intentionnellement des animaux à des services de santé, d’éducation ou sociaux.

La médiation animale est le cadre large. La page Médiation animale : définition, cadre professionnel et applications en France de l’AFTAA y rattache notamment la thérapie, l’éducation et les activités assistées par l’animal. La thérapie assistée par l’animal correspond à un objectif de soin, conduit par un professionnel de santé ou paramédical et intégré au projet de soin. Les projets éducatifs ou sociaux ont d’autres finalités. Dans tous les cas, l’animal soutient une relation et une activité définie : il n’est ni thérapeute, ni visiteur amené simplement pour distraire.

En France, ces interventions peuvent se dérouler en EHPAD, à l’hôpital, dans des structures accueillant des personnes en situation de handicap, en protection de l’enfance, dans le secteur social et parfois en milieu carcéral. La page La médiation animale de la Fondation Adrienne et Pierre Sommer cite aussi des enfants, des personnes âgées, des personnes isolées et des personnes détenues parmi les publics concernés. Le chien y est l’animal médiateur le plus fréquent ; cela ne dispense jamais d’examiner le chien qui est devant vous.

Le premier filtre : votre chien, ici et maintenant

L’Anses rappelle, sur sa page consacrée à la définition du bien-être animal, que le bien-être est un état mental et physique positif, vu du point de vue de l’animal. Une bonne santé apparente ou l’absence de réaction spectaculaire ne prouvent donc pas, à elles seules, qu’il vit bien une activité.

Avant toute proposition, faites un bilan honnête :

  • son état de santé et son suivi vétérinaire permettent-ils cette activité ?
  • recherche-t-il réellement le contact avec des inconnus, ou le tolère-t-il ?
  • récupère-t-il bien après une situation sollicitante ?
  • reste-t-il serein dans des lieux nouveaux, avec des bruits, odeurs, fauteuils roulants, gestes imprévisibles ou contacts maladroits ?
  • peut-il s’éloigner sans se figer, fuir, grogner, pincer ou monter en excitation ?

La revue présentée par le CNR BEA sur les interventions assistées par le chien recommande une appréciation régulière du comportement, de la santé, de la gestion et de l’environnement. Les travaux publiés dans Frontiers in Veterinary Science invitent aussi à chercher des signes d’état positif : initiative de contact, jeu, comportements affiliatifs. Une race réputée docile ne remplace pas cette évaluation individuelle. Et un chien ne doit pas être forcé à supporter des contacts ou un environnement pour devenir « apte » : le CNR BEA recommande d’adapter les pratiques à ses émotions, ses comportements et sa motivation.

Questions à poser avant de vous engager

La réponse à la question écrite n° 870, publiée sur le site de l’Assemblée nationale, relevait en février 2023 l’absence de cadre juridique spécifique, de formation obligatoire et de diplôme d’État propres à la médiation animale. Demandez donc des éléments précis, pas un simple intitulé professionnel :

  • quelle formation l’intervenant a-t-il suivie et quelle expérience a-t-il avec ce public ?
  • quels sont les objectifs de la séance et qui les définit avec l’établissement ?
  • comment le binôme humain-chien est-il évalué et suivi ?
  • quel suivi vétérinaire, quelles règles sanitaires et quelle traçabilité sont prévus ?
  • comment sont organisés transport, arrivée, pauses, eau, repos et taille du groupe ?
  • qui gère un incident, et pouvez-vous interrompre immédiatement la participation ?
  • votre responsabilité civile couvre-t-elle cette activité régulière ? Sur la fiche Doit-on assurer son animal de compagnie ?, Service-Public.fr rappelle que le propriétaire reste responsable des dommages causés par son animal ; pour les chiens de première ou deuxième catégorie, l’assurance responsabilité civile est obligatoire.

Dans un établissement sanitaire ou médico-social, demandez aussi qui applique le protocole d’hygiène : état sanitaire du chien, hygiène des mains, zones autorisées et conduite à tenir en cas d’incident. La Fondation Adrienne et Pierre Sommer met à disposition une ressource dédiée à ce protocole.

Une première séance doit rester réversible

Une séance respectueuse laisse au chien la possibilité de s’éloigner. Il ne doit pas être encerclé, retenu pour être caressé ni contraint d’interagir. Eau, espace calme, pauses et observation continue font partie du cadre, pas des détails.

Interrompez et réévaluez si vous observez un changement inhabituel : évitement, figement, agitation, retrait, baisse d’envie d’interagir, douleur, fatigue marquée ou modification de son état général. Parlez-en sans attendre à votre vétérinaire et, si besoin, à un professionnel compétent du comportement.

La progression la plus juste est souvent simple : assister d’abord à une séance sans votre chien, faire évaluer le binôme, commencer dans une situation courte et facile, puis noter son comportement pendant l’intervention et sa récupération ensuite. Si l’activité ne lui apporte pas un état au moins neutre, idéalement positif, renoncer est une décision responsable — pour lui comme pour les personnes qu’il devait accompagner.

Pour aller plus loin

Tout le dossier « Éducation, comportements et vie à la maison » →

Ce que nous avons lu

Commentaires

À lire ensuite

Rejoignez la communauté

Laissez-nous de quoi vous répondre. C'est gratuit, et sans engagement.

Rejoignez la communauté

  1. 1Vous
  2. 2Votre animal
  3. 3Votre contrat

Vous

Où habitez-vous ?

J'autorise Fidèles Compagnons et ses partenaires à me contacter, par e-mail, par téléphone et par WhatsApp au numéro que j'indique, au sujet suivant : animaux de compagnie. Et ce pour 12 mois, avec possibilité de rétractation à tout moment via ce lien.